De l'analogique au numérique![]() |
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Le premier signal électrique que je vais introduire est le signal électrique analogique. C'est celui que l'on observe immédiatement à droite du graphe de pression au cours du temps. Il est directement semblable (analogue) à la pression au cours du temps à un facteur multiplicatif près. Le signal électrique analogique qui nous intéresse ici n'est en fait qu'une variation temporelle d'un potentiel électrique similaire aux variations de pression de l'air au cours du temps. Les correspondances entre ces deux phénomènes physiques sont usuellement réalisées grâce aux microphones et haut-parleurs.
L'information analogique est constituée de valeurs continues dans le temps, c'est à dire qu'à tout instant correspond une valeur (de pression par exemple). De plus le signal analogique peut prendre n'importe quelle valeur dans les limites du système. On ne peut pas quantifier un nombre d'état de la pression: il existe une infinité de valeurs. C'est le système de représentation le plus riche et le plus précis.
Par opposition aux signaux analogiques, l'information numérique est constituée de valeurs discrètes, c'est à dire que l'on connaît la valeur du signal uniquement à certains instants. Un signal numérique est une suite temporelle de valeurs binaires.
Une unité d'information binaire s'appelle un bit (de l'anglais binary digit), et un bit ne peut emprunter que les valeurs 1 ou 0.
Continuons
avec quelques notions sur les nombres binaires. Dans le système décimal
usuel, chaque chiffre représente une puissance de dix alors qu'il représente
une puissance de deux dans le système binaire. Un nombre constitué
de plus d'un chiffre binaire (bit) est appelé "mot" binaire
(c'est un peu la même distinction qu'entre chiffre et nombre). Plus un
mot contient de bits et plus le nombre d'états qu'il peut représenter
est important : un mot de 8 bits admet 256 (2 à la puissance 8) états
et un mot de 16 bits en admet 65536 (2 à la puissance 16). Le bit de
plus faible poids (2 puissance 0) est appelé élément binaire
de poids faible (LSB ou Least Significant Bit) alors que le bit de plus grand
poids est appelé élément binaire de poids fort (MSB ou
Most Significant Bit).
L'information sonore analogique sous forme électrique est convertie sous forme électrique numérique par l'intermédiaire d'un système appelé convertisseur analogique-numérique (A/N ou CAN). Il est établi qu'un signal analogique peut emprunter un nombre infini de valeurs, alors qu'un signal numérique ne peut emprunter qu'un nombre limité de valeurs fixées. Le nombre de valeurs fixées possibles pour un signal numérique dépend de la longueur des mots binaires utilisés, autrement dit du nombre de bits. Afin de convertir un signal analogique en signal numérique, il est nécessaire de mesurer son amplitude à intervalles de temps réguliers (c'est l'échantillonnage) et d'affecter une valeur binaire à chacune des mesures (c'est la quantification).
Le processus de conversion analogique-numérique a une incidence majeure
sur la qualité finale du signal audionumérique. En effet, la qualité
du message musical, une fois converti, ne peut jamais s'améliorer, mais
plutôt empirer. Pour les applications audionumériques, l'offre
s'étend aujourd'hui du convertisseur 8 bits/32 kHz jusqu'au convertisseur
24 bits/192 kHz très haut de gamme, en passant par le traditionnel convertisseur
16 bits/44,1 kHz. Comme la suite de cette partie le démontre, le taux
d'échantillonnage et le nombre de bits par échantillon sont les
principaux facteurs qui influent sur la qualité audio. La qualité
des convertisseurs détermine quant à elle la différence
entre la qualité sonore obtenue et la qualité théorique
fixée par ces deux facteurs.
Très bientôt, nous publierons un dossier plus complet et plus complexe
sur le sujet. Stay tuned !